Les Filles de Kamaré

Les Filles de Kamaré / Le Pensionnat des jeunes filles perverses (détourné)
Norifumi Suzuki
1974. Japon / France. 90 min. Couleurs. 35 mm. Version française.
Avec Reiko Ike, Miki Sugimoto, Misuzu Oota
Parfait exemple d’un pinku eiga, Les Filles de Kamaré était au départ un mélodrame érotique à tendance bondage. Mais grâce à l’adjonction de sous-titres sans aucun rapport avec l’histoire, il est devenu un porno subversif, un acte de terrorisme cinématographique orchestré par René Vienet dans la mouvance situationniste. Époque oblige, les textes de Barthes, Camus, Giroud sont convoqués à cette franche attaque du pouvoir et associés à des inserts porno. Le détournement transforme ainsi la lutte des clans à l’intérieur d’une maison de correction japonaise en conflit entre les différentes factions de la gauche française de l’époque, toutes évidemment renvoyées à leurs ringardes compromissions par les auteurs-remonteurs du film. Une dialectique qui casse des briques. Une phrase à retenir : « Tout film n’est que l’expression d’un rapport entre ceux qui le font et ses spectateurs ».

Film choisi et présenté par Philippe Delbos.

Vendredi 22 octobre à 19h

Le Corbeau

Le Corbeau
Henri-Georges Clouzot
1943. France. 93 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Pierre Fresnay, Ginette Leclerc, Pierre Larquey, Noël Roquevert, Micheline Francey, Antoine Balpétré, Louis Seignier
L’argument est simple : un corbeau, par ses lettres anonymes, instaure un climat de suspicion dans une petite ville de province. Ça tourne au règlement de compte. Mais Clouzot délaisse l’aspect policier pour la galerie de personnages. On n’est plus dans le pittoresque mais plutôt du côté de Goya. Film noir comme l’oiseau est de malheur, de mauvaise augure. Au-delà de la France occupée à la délation, au-delà d’une société provinciale viciée, ce sont les failles de l’homme que dénonce Le Corbeau, miroir trop noir pour une période mal éclairée. Aujourd’hui, loin d’être déplumé, Le Corbeau garde en son bec la part d’un cinéma déchiré. Et le lustre de continuer son mouvement de balancier : où est l’ombre, où est la lumière ?

Film choisi et présenté par Serge Regourd à l’occasion de la parution de son ouvrage Les seconds rôles du cinéma français (éd. Archambaud-Klingsieck, 2010).

Rencontre avec l’auteur à la librairie Ombres Blanches ce jour-là à 18h.

Mardi 28 septembre à 21h

Grill Point (Halbe Treppe) / Filmmuseum de Postdam

Soirée en compagnie du Filmmuseum de Postdam

Andreas Dresen
2002. Allemagne. 105 min. couleurs. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Steffi Kühnert, Gabriela Maria Schmeide, Thorsten Merten, Axel Prahl
Deux couples d’amis qui approchent la quarantaine à Francfort-sur-l’Oder : Uwe (Axel Prahl) travaille sans arrêt dans sa friterie, négligeant sa femme Ellen (Steffi Kühnert) et leurs enfants. La vie et la relation de l’animateur de Radio Chris (Thorsten Merten) avec sa deuxième femme Katrin (Gabriela Maria Schmeide) sont également au point mort. Quand Chris et Ellen, à l’imprévu, tombent amoureux l’un de l’autre…
Andreas Dresen raconte l’histoire de ces gens « normaux », à la recherche du bonheur et d’un peu de chaleur, avec un réalisme tragicomique et tendre. Le générique nomme les quatre acteurs principaux, avec lesquels Dresen a des liens amicaux depuis des années, comme auteurs. Car Grill Point a été réalisé sans scénario, le déroulement de l’action étant développé jour par jour sur le plateau et tourné avec une caméra digitale – authenticité supposée, que Dresen dissout en jouant avec des effets de distanciation. Un film au-delà de l’entertainment, qui a reçu l’Ours d’argent à la Berlinale de 2002.

Birgit Acar

Vendredi 11 juin à 21h – Séance présentée par Birgit Acar, chargée de programmation au Filmmuseum de Potsdam

Toni

Jean Renoir
1934. France. 85 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Charles Blavette, Jenny Hélila, Celia Montalvan
« Pourquoi Toni ? Ce n’est pas le premier film vu dans ma campagne garonnaise si dénuée de cinéma qu’il fallait voir les films à la télévision, ou les lire dans L’Écho de la mode, énième version du film raconté ; les voir évoqués mais sans les voir, donc toujours objets de désir, dans La Revue du cinéma puis Les Cahiers, assortis de photos en noir et blanc. Mais c’est le premier que j’ai découpé plan par plan pour L’Avant-scène. Et le film a gardé ses qualités : il expérimente tous les moyens toujours modernes pour coller au réel. Pas de vedette ni de situation vedette, pas de dramaturgie académique avec péripéties et acmé, pas de dialogue où la parole des personnages étincelle grâce à l’auteur, pas de paysage clinquant (pourtant c’est le Midi !), pas de violons. La tragédie. Dans un superbe noir et blanc. »

Claudette Peyrusse

Film choisi et présenté par Claudette Peyrusse

Vendredi 28 mai à 19h

La Semaine polonaise

Cette 19e édition est dédiée à Frédéric Chopin à l’occasion du bicentenaire de sa naissance. Cette date importante, commémorée dans le monde entier, donne lieu à de nombreuses manifestations, séries de concerts, publications d’ouvrages et projections de films. L’approche transversale de cette édition intitulée « Chopin correspondances », réunissant différentes disciplines : littérature, musique, théâtre, histoire de l’art, arts plastiques et cinéma, inspire le programme de la manifestation qui, comme à l’accoutumée, comprend : conférences, expositions, concerts, spectacles théâtraux et cinématographiques. Illustrée de correspondances inter-artistiques et nourrie de réflexions théoriques, la connexion « musique – arts – savoirs » aboutit à un nouvel éclairage de l’œuvre du compositeur et traduit l’universalité de son œuvre.

www.semainepolonaise.fr

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La Jeunesse de Chopin
Aleksander Ford
1952. Pologne. 121 min. Noir & blanc. 35 mm.
Version originale sous-titrée en français.
Avec Czes?aw Wo??ejko, Aleksandra Slaska
Le film raconte les jeunes années de Frédéric Chopin, entre 1925 et 1930, date de l’éclatement de l’Insurrection de Novembre ; ses premières amours, sa fascination pour le folklore mazovien, ses amitiés artistiques, ses contacts avec les jeunes insurgés, ses adieux à la patrie qu’il quittera pour toujours…

Film choisi et présenté par Kinga Joukaviel

Jeudi 29 avril à 21h

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mais aussi, une sélection de documentaires…

Chopin
Marie-Dominique Blanc-Hermeline, Philippe Orreindy
1998. France. 26 min. Couleurs. Vidéo.

Mercredi 28 avril à 15h (salle 2)

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Chopin
Ariane Adriani, Eve Ruggieri
1999. France. 62 min. Couleurs. Vidéo.

Mercredi 28 avril à 15h30 (salle 2)

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Chopin à Paris
Stanis?aw Grabowski
Pologne. 15 min. Version originale sous-titrée en français.

Mercredi 28 avril à 16h45 (salle 2)

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L’Art de Chopin
Gérard Caillat
2010. France. 53 min. Couleurs. Vidéo.

Mercredi 28 avril à 17h (salle 2)

Entrée libre dans la limite des places disponibles