Le Cameraman / L’Opérateur (The Cameraman)
Edward Sedgwick
1928. États-Unis. 70 min. Noir & blanc. 35 mm. Muet. Intertitres en français.
Avec Buster Keaton, Marceline Day
« Une bouleversante symphonie de l’homme seul et de la grande ville. Un film à réaction, qui aurait dû être dédié, non à des opérateurs d’actualités anonymes, mais à la triple et glorieuse mémoire de Louis Lumière, Dziga Vertov et Roland de Ronceveaux. La dernière des grandes chansons de geste de l’art muet et le premier authentique chef-d’oeuvre du cinéma-vérité », écrivait Claude Beylie. Par amour, Luke Shannon s’achète une caméra et s’engage au service des actualités de la MGM. Bien sûr tout va de catastrophes en gags pour l’homme qui ne rit jamais. Mais ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace…
Compagnie Arniphone
Violoncelle, gongs, frame drum : Flóra Kapitány ; Piano, tuba, accordéon, caisse claire, hang, tambour indien : Bertrand Mahé ; Cloches, sistres, tambourins, wood blocks, claves, maracas : le public
Flóra Kapitány et Bertrand Mahé proposent une musique originale mêlant écriture et improvisation, dans un souci permanent de dialogue avec l’image. Le public est quant à lui convié à « sonoriser » en direct certains passages, à l’aide de petits instruments qui lui sont proposés à l’entrée.
Flóra Kapitány, d’origine hongroise, se produit aussi bien en musique classique qu’en musique traditionnelle, particulièrement celtique et hongroise.
Bertrand Mahé multiplie les expériences musicales : jazz, quartet tzigane, country music, lecture-concerts, spectacles mime-musique, théâtre musical…
Séance présentée dans le cadre de la saison de ciné-concerts
de la Cinémathèque de Toulouse.
Plein tarif : 12 euros – Tarif réduit : 10 euros – Jeune (- 18 ans) : 3 euros.
Autres tarifs dans le cadre de l’abonnement.
Jeanne d’Arc (Joan the Woman)
Cecil B. DeMille
1916. États-Unis. 138 min. Noir & blanc. Vidéo. Muet. Intertitres anglais. Sous-titrage informatique en français.
Avec Geraldine Farrar, Wallace Reid, Raymond Hatton
Jeanne d’Arc n’est pas morte. Jeanne d’Arc ne meurt pas. Elle est dans une tranchée anglaise de 1916. Elle apparaît à un soldat qui vient de découvrir dans un trou son épée. Une mission suicide l’attend. Tu iras au bout de cette mission lui dit l’apparition de Jeanne, pour expier tes péchés envers moi. Flash-back. L’homme se souvient. Au Moyen Âge…
Film accompagné à l’orgue par Ansgar Wallenhorst
Ansgar Wallenhorst
Formé à la musique lithurgique et à la pratique de l’orgue auprès des professeurs allemands G. Kaunzinger, N. Shetler et Z. Gardonyi, Ansgar Wallenhorst obtient son diplôme de l’École de Musique de Würzburg à 25 ans. Il se perfectionne en France dans les classes d’improvisation de T. Escaich et O. Latry et entame en parallèle des études de théologie et de philosophie. Il occupe depuis 1998 la chaire d’organiste de l’Église St-Pierre-et-Paul de Ratingen, où il enseigne l’improvisation et l’orgue jusqu’en 2002. Second lauréat du Concours d’orgue de la ville de Paris en 1999 et couronné par le Grand Prix de Compétition internationale d’improvisation de Haarlem en 2000, il entame alors une tournée de concerts internationaux.
Séance présentée dans le cadre du 15e festival international Toulouse les Orgues (7-17 octobre 2010).
Plein tarif : 15 euros – Tarif réduit : 10 euros
Tél. 05 61 33 76 87 | www.toulouse-les-orgues.org
1903, naissance du premier western. La conquête de l’Ouest américain vient à peine de prendre fin. Pour savourer avec un peu d’avance la rétrospective John Ford de juin, la Cinémathèque vous invite à découvrir quelques jalons de ce qui allait devenir le genre majeur du cinéma américain.
The Great Train Robbery
Edwin S. Porter
1903. États-Unis. 11 min. Noir & blanc. 35 mm. Muet.
Provenance copie : The Museum of Modern Art, New York avec le soutien de The Film Foundation and National Endowment for the Arts
Avec A. C. Abadie, Justus D. Bames
Considéré comme le premier western de l’histoire du cinéma, l’attaque d’un train par une bande de hors-la-loi. On fait sauter le coffre, on dévalise les passagers et on prend la fuite tandis que l’alarme est donnée. Face caméra un bandit met en joue le spectateur – la légende veut que le public se jetait alors au sol.

Révélation (The Narrow Trail)
William S. Hart, Lambert Hillyer
1917. États-Unis. 68 min. Noir & blanc. 35 mm. Muet.
Avec William S. Hart, Sylvia Breamer
Un hors-la-loi, William S. Hart, et sa bande attaquent comme il se doit une diligence. Une de ces brillantes attaques que sait nous donner le cinéma. Et à l’intérieur, une charmante innocente à faire craquer le brigand, à le remettre dans le droit chemin… Enfin peut-être n’est-elle pas si innocente que cela… Bagarres, amour, fuite et l’idée que l’Ouest sauvage, avec ses bandits, reste plus civilisé que la ville.

Trois sublimes canailles (Three Bad Men)
John Ford
1926. États-Unis. 105 min. Noir & blanc. 35 mm. Muet.
Avec George O’Brien, Olive Borden, J. Farrell MacDonald
Sublime épopée de la conquête de l’Ouest. Ils sont partis, des milliers, des colons. Ils sont en route pour le Dakota où des terres seront distribuées. File de chariots avant la ruée, le galop frontal. Familles, vieillards, jeunes couples… Et dans le lot trois mauvais garçons, des voleurs. Enfin, pas vraiment des voleurs mais des gars qui ont l’habitude de trouver des chevaux que personne n’a perdus. Trois canailles au grand cœur. Trois sublimes canailles qui vont prendre sous leur aile une jeune fille après la mort de son père…
Dans le cadre du festival Zoom Arrière, de nombreux ciné-concerts sont organisés.
À noter :
Le Lys brisé (Broken Blossoms) /* En la basilique Saint-Sernin*
D.W. Griffith. 1919. États-Unis. 88 min. Noir & blanc. Vidéo. Intertitres anglais. Sous-titrage informatique en français. Provenance copie : Lobster Films, Paris. Avec Lilian Gish, Richard Barthelmess, Donald Crisp
Modèle incontestable du mélodrame, Le Lys brisé nous raconte l’histoire d’une enfant maltraitée par un père boxeur mais aimée dans l’ombre par un jeune Chinois pacifiste. Quand le père la tue, il ne reste plus qu’à la venger. Tuer et se suicider. Une histoire de quat’sous suintant la désespérance, mais d’où émane l’émotion à l’état pur, passée au prisme d’une Lilian Gish qui nous fait ressentir, comme aucune autre actrice, cette étrange volupté, pitoyable, de la souffrance liée à l’amour. Un modèle, un classique.
Film accompagné à l’orgue par Jean-Baptiste Dupont – Tarifs ciné-concert exceptionnel – Billetterie en vente à la Cinémathèque de Toulouse dès le 1er/02
John Ford
1917. États-Unis. 52 min. Noir & blanc / teinté. 35 mm. Muet.
Avec Harry Carey, Molly Malone
Dans un ranch perdu au fin fond du Wyoming, le cow-boy Cheyenne Harry et la fille du propriétaire Helen Clayton sont en passe de se fiancer, quand un maquignon venu inspecter le cheptel ravit la belle. N’écoutant que son cœur, Cheyenne Harry saute dans le premier train pour New York. Perdu dans la grosse pomme, l’homme de la frontière déclenchera une bataille homérique plus burlesque que westernienne… Un film retrouvé et restauré en 2002 par les Archives Françaises du Film. Un western muet de Ford qui restera célèbre pour sa chevauchée sur Broadway, au milieu des voitures.
Bébé et Bout de Zan de Louis Feuillade (1908-1914), France. Noir et blanc, muet, 45 min.
Bébé est un enfant terrible, débrouillard et malicieux. Les farces de cet affreux Jojo sont souvent fort drôles et enchanteront les petits et les grands. Son successeur, Bout de Zan, est lui aussi un sacré galopin.
Séance accompagnée au piano par Mathieu Regnault qui échangera avec les enfants après le film, suivie d’un goûter offert.

Né le 8 mars 1983, il étudie le piano dès l’âge de 5 ans et obtient en 1999 le premier prix du Conservatoire National de Musique de Nancy. Cinéphile depuis son enfance, il se délecte des œuvres de John Williams, Hans Zimmer, Bernard Hermann. Mais c’est lors de sa rencontre avec le compositeur de musique de film Michael Kamen qu’il décide de devenir lui aussi compositeur pour le septième art. À partir de 2002, il collabore avec de jeunes réalisateurs de l’École Nationale Supérieure de Nancy puis des Arts Décoratifs de Paris et devient l’assistant de Jean-Marie Sénia. Depuis 2007 il collabore régulièrement avec La Cinémathèque de Toulouse et a récemment signé la bande originale du pilote de la série Verlaine du réalisateur californien Nick Lentz.

Lorsque Marcel L’Herbier adapte en 1928 le roman d’Émile Zola, il ne s’imagine pas que, dès l’année suivante, les États-Unis seront secoués par une crise boursière si terrible que son onde de choc atteindra une Europe à peine remise de la Première guerre mondiale. Lui-même directement inspiré du Krach de l’Union Générale (une banque catholique française) survenu en 1881-1882, L’Argent de Zola s’attache à dépeindre les dérives d’un capitalisme boursier qui n’hésite pas à broyer les petits épargnants. Marcel L’Herbier fait preuve d’une audace formelle impressionnante. Tout au long du film, le cadre et les décors se font oppressants. Peu d’extérieurs et une perspective limitée dans le champ, relèvent d’un parti pris esthétique audacieux, surtout pour un film muet des années 1920. L’habileté du réalisateur va même jusqu’à faire de la caméra un témoin menaçant d’une situation au bord du non-retour. Cette dramatisation a aussi pour effet de traduire jusqu’au vertige l’état critique dans lequel s’est fourvoyé toute une société obsédée par le pouvoir de l’argent.
Film accompagné au piano par Jean-François ZYGEL
Découverte du monde de Méliès en dix films, accompagnés au piano par Mathieu Regnault.
Méliès le cinémagicien… Alors que les frères Lumière enregistrent le réel, ce prestidigitateur, véritable homme de spectacle, invente la fiction et explore toutes les ressources de cette toute jeune invention que l’on nomme le cinématographe. Méliès détourne le cinéma de la fonction première qu’on lui a assignée et l’ouvre à tous les possibles, à commencer bien sûr par l’impossible. Producteur, réalisateur, scénariste, acteur, mais surtout alchimiste hors pair, il invente le trucage, ces effets que l’on appelle aujourd’hui spéciaux, et fait du cinéma le grand vecteur de l’imaginaire. Très fécond – on lui doit près de 500 films – il touche à peu près à tout : féeries, diableries, aventures à la Jules Verne, actualités reconstituées…
Le Mélomane (1903), Les Trésors de Satan (1902), Voyage à travers l’impossible (1904), La Pyramide de Triboulet (1899), L’Artiste et le mannequin (1900), Le Chaudron infernal (1903), Éruption volcanique à la Martinique (1902), À la conquête du pôle (1911), L’Auberge du bon repos (1903) et Le Magicien (1898).
Copies en 35 mm. Provenance : Lobster, Archives française du film, la Cinémathèque française, Filmoteca de Catalunya. Films accompagnés au piano par Mathieu Regnault.
C’était bien du coulis de tomate de Pierrick Sorin, avec intervention musicale live de Diane Nicolle (piano).
Ce court-métrage raconte un drôle de voyage dans le temps à dos d’éléphant… L’auteur, comme à son habitude, interprète tous les rôles et ironise sur la notion même de spectacle.
« Lorsque j’étais enfant, j’adorais les grosses farces. De plus, je continue à penser que la magie du cinéma existait déjà dans les films muets. Mais c’est plus le style de ces films qui est important à mes yeux, la caméra fixe, les gags visuels, les images saccadées et fragiles… » Pierrick Sorin.
Film de 24 minutes. Production Royal de Luxe 2005.
Victor Sjöström
1916. Suède. 56 min. Noir & blanc. 35 mm. Muet. Intertitres suédois.
Sous-titrage informatique en français.
Avec Victor Sjöström, Berliot Husberg, August Falck
Début 19e, Terje vit de la mer. Marin accompli, il est sur le plancher des vaches un mari et un père comblé. Quand éclate une guerre avec l’Angleterre. Blocus maritime, famine. Pour nourrir sa famille, Terje prend la mer, se faufile entre les lignes anglaises et trouve du ravitaillement. Mais sur le retour il se fait intercepter et prend cinq ans de prison. Quand il retourne chez lui, on ne le reconnaît pas, sa famille est morte, on le prend pour un fou. Alors il erre, la chevelure en bataille comme une mer de tourmente, le regard perdu dans les creux d’une tempête sous son crâne. Le regard happé par ce bateau en difficulté, au large. Ce bateau qu’il ira secourir. Ce bateau à bord duquel il retrouvera le capitaine anglais qui l’avait mis aux arrêts. Vengeance ! Vengeance ?