Le cinéma a connu une rupture technique et esthétique majeure lors du passage du Muet au Parlant. Comment les grandes cinématographies nationales non-américaines (France, Allemagne, URSS, Chine) ont-elles vécu, dans leur relation au modèle hollywoodien, cette révolution ?
Une vingtaine de chercheurs et de professionnels des archives se pencheront sur ces questions passionnantes.
Table ronde avec les principaux acteurs régionaux de la production de documentaires. Seront présents Les Films du Sud, Les Films de la Castagne, K Production, Mira Productions, Les Films Figures Libres, Courte Échelle Production.
Films programmés dans ce cadre :
Concorde, naissance d’un mythe de Jean-Pierre Brouat
Figures libres de Marc Oriol
Fumel, de feu, de fer et de rock de Jacques Mitsch et Jean-Christian Tassy
Péril en la bastide de Patrick Le Gall
Photographie d’un camp – Le Vernet d’Ariège de Linda Ferrer-Roca
Les Rêves de la main de Renaud Verbois et Jean-Luc Galvan
La Vendinelle de Arno Villenave
Voir la programmation France en docs
Entrée libre dans la limite des places disponibles.
Jeudi 28 janvier à 18h
Depuis qu’il existe, le cinéma filme les deux faces du présent : à la fois l’interminable disparition de ce qui était encore vif l’instant d’avant ; et l’apparition têtue de ce qui surgit de neuf. Le philosophe italien Giorgio Agamben remarquait que le cinéma était apparu au moment où toute la gestuelle très codifiée des classes sociales de l’époque se trouvait détruite par l’industrialisation et l’exode rural. À temps, donc, pour enregistrer ce qui était en train de disparaître. Et d’une certaine manière, on peut dire que le cinéma n’a jamais cessé de s’intéresser tout autant à la destruction du monde ancien qu’à la construction du nouveau. Difficile de filmer l’une sans l’autre. C’est ce que fait José Luis Guerin dans « En construction ». Le vieux monde bascule dans l’innommable, l’oubli, l’insignifiant. Le nouveau monde s’efforce de mettre au point une nouvelle rhétorique des mots, des gestes et des objets (cf. Jacques Tati). Le cinéma chinois (fiction et documentaire), de Wang Bing (À l’Ouest des rails) à Jia Zhang Ke (Still Life, 24 City) est le témoin actif de la brutale transformation du pays. Une fois encore, construction et destruction ont partie liée. « Pour construire, il faut détruire », écrivait naguère un Chinois célèbre.
L’urbanisme et l’architecture, avec leurs mots-clé : réhabilitation et rénovation, fonctionnent bien évidemment comme métaphores de la vie sociale et de la vie de l’esprit. Sont ainsi matérialisées dans l’espace et le temps les forces de vie et les forces de mort qui ne cessent de se combattre (et peut-être de s’échanger) en nous. L’écriture de Georges Pérec (« Espèce d’espaces ») telle qu’elle est mise en scène par Robert Bober, s’acharne à relever ce qui, au fil des ans, se perd, sombre et peut-être revient encore du monde de l’enfance. C’est que le travail de la mémoire et l’incertain tissu des souvenirs nous placent au croisement de ce qui se détruit et de ce qui se construit. Telle est la place du spectateur de cinéma qui est, lui aussi, cet écran où chaque nouvelle image efface celles qui l’ont précédée.
La 17e édition du CLEMI s’inscrit plus que jamais dans l’optique de notre programmation de janvier : regard documentaire, questionnement sur le monde, autant d’approches que la Cinémathèque de Toulouse explore dans « La France en docs » du 2 janvier au 20 février 2010.
9h – Ouverture par Jean-Louis Baglan, Inspecteur d’Académie de la Haute-Garonne
9h30 – Introduction et présentation par Jean-Louis Comolli et Marie-José Mondzain – Projection-débat – En remontant la rue Vilin de Robert Bober – en présence du réalisateur – Les Murs de Sana de Pier Paolo Pasolini -* Under construction* de Zhenchen Liu
14h Projection-débat – 24 City de Jia Zhang-Ke
19h30 – La France en docs – Le Métier de cinéma de Jean-Louis Comolli
21h Projection en présence du réalisateur – L’Affaire Sofri de Jean-Louis Comolli
9h – Ateliers dans les établissements scolaires
14h – Présentation et animation par Jean-Louis Comolli et Marie-José Mondzain
Projection-débat en présence du réalisateur En construction de José Luis Guerin
18h30 – Et la vie de Denis Gheerbrant
21h – La France en docs – Projection en présence du réalisateur – La Vie est immense et pleine de dangers de Denis Gheerbrant
9h – En reconstruction – Le Cinéma militant – Introduction et animation par Patrick Leboutte – Projection-débat – Un simple exemple et à pas lentes Collectif Cinélutte
14h – Projection-débat en présence du réalisateur Les Quais et Marseille dans ses replis de Denis Gheerbrant
19h – La France en docs – Présentation de Patrick Leboutte – Oser lutter, oser vaincre Collectif Cinélutte

Le week-end du 24, 25 et 26 avril, une table-ronde et de nombreuses projections vont explorer la thématique de l’histoire de l’immigration en France, de la diversité culturelle et de ses représentations au cinéma. Ce projet est soutenu par l’Agence pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances (ACSE).
Étrangers d’ici a été initié en mars 2007 et un inventaire de films sur cette thématique a été lancé dans les collections de la Cinémathèque de Toulouse. 280 titres ont été identifiés à ce jour. Une collecte de films amateurs, militants ou institutionnels a ensuite été initiée en octobre 2007.
Une programmation sur un week-end pour donner à voir quelques-uns des films qui ont pris le risque de dessiner, avec plus ou moins de générosité, de curiosité, de finesse, les traits de ces « étranges étrangers » qui font de la France un pays aux multiples visages.
À l’affiche, des films très différents les uns des autres, pour témoigner de la richesse et de la diversité de lumières (et d’ombres) qui ont été projetées sur le sujet.
18 h : Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmeche (2005), séance présentée par Abel Jafri, comédien (Dernier maquis et Bled number one de R. Ameur-Zaïmeche) et Stratis Vouyoucas, monteur et critique.
20 h : ouverture officielle en présence de Natacha Laurent (la Cinémathèque de Toulouse), Kag Sanussi (ACSE), et du Préfet de Midi-Pyrénées.
Le Dernier maquis de Rabah Ameur-Zaïmeche (2008), suivi de la rencontre Le Métier de cinéma d’Abel Jafri et Stratis Vouyoucas.
14 h 30 : rencontre avec Abel Jafri et Stratis Vouyoucas à la Médiathèque d’Empalot (entrée libre) dans le cadre du jumelage MJC d’Empalot / Cinémathèque de Toulouse.
15 h : La Force noire d’Eric Deroo (2008), suivi par Emitai d’Ousmane Sembène (1971).
15 h 15 : Vive la mariée … et la libération du Kurdistan ! d’Hiner Saleem (1997).
17 h 30 : table ronde « Quartiers et cinéma : quelles expériences de terrain ? » avec Yvan Gastaud (maître de conférence, Université de Nice), Jamal El Arch (collectif ESMA), Emmanuel Bertin (ACSE), et animée par Laure Teulières.
Le colloque international consacré à l’image des Juifs dans le cinéma de Russie et d’Union Soviétique organisé par La Cinémathèque de Toulouse vient de se terminer. Il aura permis de fructueux débats et des projections aussi rares qu’inédites, dont certaines tout droit sorties des archives du KGB.
Il faut à ce titre remercier Vladimir Dmitriev, directeur du Gosfilmofond de Moscou, ainsi que Natalia Kalantarova, directrice du RGAKFD, l’archive du film documentaire de Krasnogorsk, tous deux présents tout au long du colloque.

Le catalogue édité à l’occasion de Kinojudaica regroupe des monographies de tous les films présentés, des articles de presse d’époque et une importante iconographie. Il est en vente dans toutes les librairies mais également à La Cinémathèque de Toulouse et au Mémorial de la Shoah à Paris.
Les actes du colloque seront disponibles à partir de la fin 2009. Ils restitueront l’ensemble des débats. D’ici là, pour revivre le colloque, branchez vous sur les Sentiers de la création, la webradio de franceculture.com. L’ensemble des débats y sera retransmis vers la fin du mois de mars 2009.