Un grand film pour un grand écran, c’est le principe du film du jeudi, deux fois par mois à La Cinémathèque de Toulouse.
John Boorman
1970. Grande-Bretagne. 104 min. Couleurs. 35 mm. Version originale. Sous-titrage informatique en français.
Avec Marcello Mastroianni, Billie Whitelaw, Olenna Forster Jones, Calvin Lockhart
Leo est fatigué, malade. Il est à Londres pour se soigner. Leo est le dernier de la lignée. Héritier sans couronne. Son royaume est aujourd’hui une république socialiste et la demeure familiale londonienne en plein ghetto noir. Leo est rêveur. À son arrivée, le gotha mondain l’accapare. Fêtes. Mais Leo préfère les oiseaux. Rivé à ses jumelles, il observe. Les oiseaux, puis les habitants du quartier. Leo voyeur. Vue télescopique. Distance. Vue au téléobjectif. Sentiments distanciés. Et puis Leo va descendre dans la rue… Du ghota au ghetto, la face du monde n’aura peut-être pas changé. Non, mais nous aurons changé l’aspect de notre rue.
Marcel Carné
1938. France. 91 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Jean Gabin, Michèle Morgan, Michel Simon, Pierre Brasseur, Édouard Delmont, Robert Le Vigan
Un Havre qui n’est pas de paix. Un déserteur et une jolie môme. L’amour en tourments, la mort au tournant. Le film à qui on imputa la défaite de 40. Le réalisme poétique avec les coups de gueule de Gabin et les yeux de Morgan. T’as de beaux yeux tu sais. Avec ces yeux-là. « Le caractère mythologique du film, à l’intérieur du cinéma français, n’est plus à démontrer. Il est dû évidemment au choix judicieux et à l’immense talent des acteurs, mais aussi à un équilibre maintenu de main de maître par Carné entre l’abstraction, le délire, l’irréalisme, le lyrisme, la poésie et, d’autre part, la vérité concrète de l’oeuvre et son enracinement dans l’époque », devait rappeler Lourcelles.
Yasujiro Ozu
1962. Japon. 112 min. Couleurs. 35 mm. Version originale sous-titrée en français.
Avec Chishu Ryu, Shima Iwashita, Shinichiro Mikami
Le dernier film d’Ozu. Plans fixes savamment cadrés et quotidien d’une famille nippone. Shuhei qui aime à boire du saké avec ses amis au retour du travail commence à se faire vieux. Enfin, c’est sa fille, surtout, qui a vieilli et a désormais largement l’âge de se marier. Veuf, cela voudra dire pour lui de finir sa vie seul. Ses amis et le saké l’aideront à se décider…
William Klein
1965. France. 100 min. Noir & blanc. 35 mm.
Avec Jean Rochefort, Dorothy Mac Gowan, Sami Frey, Philippe Noiret, Grayson Hall
Polly Maggoo est mannequin, cover girl en vogue dans les 60’s. Polly Maggoo, c’est le top model. Femme mythifiée, femme déifiée, femme objet, comme objet de culte. Objet sacrifié à un culte du paraître, glorifié par une société du spectacle dont les médias sont la vitrine. Une équipe de télé fait un reportage sur elle, tandis qu’un prince tombé amoureux de son image en couverture d’un magazine veut l’enlever… Klein qui était photographe pour Vogue, épingle le milieu de la mode et de la télé dans une comédie aussi déjantée que cruelle, retournant contre elles leurs artifices, dans un art de la démesure qui vire au détournement. Un film bulldozer conduit avec un gant de velours.
Séance en présence de William Klein, en collaboration avec l’exposition Désordre organisée par l’association Biz’art Populaire du 10 septembre au 28 octobre, murs du Jardin Raymond VI
Renseignements : pruneberest@yahoo.fr / 06 19 80 52 69