Suite à des contraintes techniques et administratives, le café de la Cinémathèque sera ouvert en service minimum pour le week-end de réouverture : boissons (café, thé, softs, vin, bière) et quelques accompagnements.
Horaires d’ouverture : samedi de 9h à minuit et dimanche de 8h30 à 21h. Paiement en CB uniquement !
Pour les spectateurs des séances de la nuit de samedi à dimanche, aucune restauration ne sera assurée. Nous vous conseillons vivement d’apporter de quoi vous restaurer. Attention, toute consommation alimentaire est interdite en salle.
Merci de votre compréhension.
Robert Aldrich, feuilles d’automne
En 1955, Raymond Borde, qui vient de publier avec Étienne Chaumeton Le Panorama du film noir, découvre cinq des premiers films de Robert Aldrich (dont Vera Cruz et En quatrième vitesse), présentés à quelques mois d’intervalle à Paris. C’est une révélation partagée par les Cahiers du cinéma, Positif et Les Temps modernes dont Borde est alors le critique cinématographique en titre.
À l’instar de la plupart des grands anciens d’Hollywood (Dwan, Mann, Wellman), Robert Aldrich ne fut pas l’homme d’un seul genre, même si sa contribution à l’avènement du thriller moderne (En quatrième vitesse_) reste dans toutes les mémoires. Sa polyvalence lui permit de faire des merveilles dans les différents registres du cinéma classique, et en particulier dans le western (_Bronco Apache, Vera Cruz_), le film de guerre (_Attack !, Les Douze Salopards_) et le thriller psychologique (_Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?, Chut… chut, chère Charlotte). Cette variété est au cœur de la correspondance entre Raymond Borde et Robert Aldrich, dont nous exposons les originaux. Elle traverse la longue analyse livrée aux Temps modernes en mai 1956 – « Un cinéaste non-conformiste : Robert Aldrich » – dans laquelle Borde revient sur la dimension amorale de certains personnages.
C’est à cette exploration de la monstruosité que nous consacrons la seconde partie de l’exposition, qu’il s’agisse du producteur psychopathe du Grand Couteau (Rod Steiger), de Jane Hudson dans Baby Jane (Bette Davis), ou du meurtrier incestueux interprété par Kirk Douglas dans El Perdido. Les personnages d’Aldrich – et par conséquent ses acteurs (Jack Palance, Ernest Borgnine, Lee Marvin) portent souvent sur leurs visages les stigmates d’une violence subie ou provoquée, d’une démesure dont surgit le drame, à l’image des tragédies antiques.
Christophe Gauthier
Une exposition conçue à partir des collections de la Cinémathèque de Toulouse